Contrefaçon de jeux de plein air : les risques cachés derrière les copies de trampolines
325. C'est le nombre de contrefaçons qu'a dénombrées en 2021 l'entreprise Proludic, basée à Vouvray en Indre-et-Loire, sur ses aires de jeux et équipements sportifs de plein air.

La contrefaçon touche aussi le matériel de jeu: Proludic recense 325 copies de ses créations
Un chiffre qui révèle un marché parallèle où la sécurité structurelle n'est plus garantie. Pour les familles équipant leur jardin — trampoline, structure multi-activités, portique — la copie n'est pas qu'une atteinte à la propriété intellectuelle: c'est un risque mécanique direct, documenté par un acteur qui dépose chaque année une cinquantaine de nouveaux modèles.
Le dossier Proludic: un cas d'école
Fondée en 1988 par Denis Le Poupon, la PME conçoit et produit dans ses ateliers tourangeaux de 11 000 m² un catalogue de 1 500 références réparties en une quinzaine de gammes. Selon le vice-président Philippe Le Poupon, près de 70 % de l'activité part à l'export, en Europe et au-delà. Cette rigueur documentaire constitue l'ossature de la défense: sans modèle déposé, aucune action possible contre le copieur.
En complément, la PME s'appuie sur un réseau d'avocats à dimension internationale. Plusieurs procédures sont actuellement en cours, ciblant le retrait des produits contrefaits et la condamnation des auteurs. Une riposte à deux étages — dépôt systématique des modèles d'un côté, contentieux judiciaire de l'autre — mais qui n'efface pas, pour l'acheteur final, le risque encouru au moment de l'achat.
Pourquoi cette affaire concerne l'acheteur de trampoline
Une aire de jeux contrefaite, un trampoline copié, partagent un point commun: l'absence du dossier d'ingénierie d'origine. La structure sort d'usine sans essai de charge, sans contrôle de corrosion des soudures, sans vérification de tension des ressorts, sans certification du tapis de saut. La conformité à la norme EN 71-14 pour les trampolines domestiques, ou aux exigences de la norme NF EN 1176 pour les équipements de plein air installés dans les espaces publics, n'est plus démontrable.
Le copieur s'affranchit également des exigences de galvanisation à chaud du cadre, de résistance à la déchirure du filet de protection et de tenue à la fatigue des coutures. La charge maximale statique annoncée n'a, par définition, jamais été testée.
Trois contrôles avant achat
Avant d'installer un équipement de jeu, trois vérifications non négociables:
- Identification du fabricant. Coordonnées complètes, site officiel, service après-vente joignable. Tout produit sans traçabilité est à écarter.
- Mention des normes et certificats. La fiche technique doit préciser la norme de référence, la charge maximale statique, la classe d'usage (domestique ou collectif).
- Origine des composants critiques. Coussin, ressort, filet, ancrage: chaque référence doit être identifiable. Le mélange de pièces hétérogènes est un facteur de défaillance mécanique.
Sur un trampoline de jardin, l'économie réalisée sur une copie se paie en contrôle absent. Tubes de cadre en acier non calibré, coutures sous-dimensionnées, ressorts hors spécification: chaque compromis augmente la probabilité de rupture en charge.
Le verdict est sans appel: sur un équipement destiné à des enfants, un produit dont l'origine n'est pas traçable est un produit à refuser, quel que soit le prix affiché.